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V.L.A.D. : « Les années 80 restent la plus belle décennie du XXème siècle »

Vlad

Vous vous souvenez de V.L.A.D., ce frenchy qui débuta son parcours par un maxi sur Warp Records, sept longues années après Laurent Garnier ? Retour sur un O.V.N.I. electronica apparu à l’orée du siècle.

(Article paru dans Novamag en février 2003)

V.L.A.D., le patronyme s’y prête, aime les caves et les sous-sols. Surtout quand les câbles s’amoncellent, les amplis s’empilent, les machines s’échinent. « J’ai beaucoup pratiqué l’obscurité et l’odeur de moisissure pour programmer, mais le faible encombrement d’un laptop me permet aujourd’hui de tester d’autres situations de travail » dit-il. De temps en temps, il ressort à l’air libre, présente le fruit d’un travail aussi précis que percutant, petites pièces electronica qui ont su capter l’attention de gens de goût, à commencer par Warp qui édita son premier maxi.  

« C’était cool de réaliser un fantasme : AFX RULES ! » V.L.A.D. a commencé par manier la guitare et aimait les groupes à sueur, genre Obituary ou Mr Bungle. Il enregistra même un album solo en Floride avec Scott Burns, producteur réputé du genre.

C’est ce métal kid dingue de jeux vidéos, qui découvrit l’électronique via la musique de sa console. Flasha sur la vague bleep, et sur Aphex of course. Se mit à tisser des petites pièces savoureuses où transpirent autant la rage que l’humour, genre révolté défoncé à l’hélium, solitaire réfutant l’autisme. Mais à l’heure du retour du rock, serait-il tenté de retâter de la six cordes ? Ben non, il préfère « retrouver l’énergie du heavy metal, oui, mais avec un ordinateur ! ».

En live ses apparitions restent rares, mêmes si remarquées, le bonhomme sachant transmettre aisément une énergie certaine derrière son laptop (et pas seulement par sa pratique affûtée du headbanging) : « D’ici peu, voir un mec en transe devant un computer sera aussi naturel que Hendrix avec son essence à Zippo brûlant sa guitare. »

En attendant, même s’il est « moins hardcore gamer qu’avant », V.L.A.D. « aimerait bien réaliser des soundtracks de jeux. Le son que je fais en ce moment conviendrait bien a un jeu de robots high tech, basé sur la venue sur Terre d’ une espèce extra-terrestre qui viendrait régler le conflit israëlo-palestinien. »

A l’heure où les référents les plus intellectuels pleuvent dans le monde de l’électronique, se revendiquer influencé par les jeux vidéos détonne. « C’est une référence naturelle. Quand à l’intellectualisation, essayer de faire une musique qui ait un sens aussi bien sur un dancefloor qu’à la maison reste mon principal effort. » V.L.A.D. sera si tout va bien plus présent en 2003. Angström Records, qui vient de publier son mini album, en prépare une « partouze de remixes ». Et un album devrait suivre. « Je fais peu de morceaux qui trouvent grâce a mes yeux et encore moins aux yeux des labels. Mais j’essaye d’amener mes titres à une forme la plus accessible possible. Une voix ? Ca me ferait kiffer que Booba pose son « flow-de-porc » sur un de mes instrus ! Sinon peut-être une vraie chanson avec la chanteuse de Atari Teenage Riot… » Marqué par les eighties, V.L.A.D. n’en reste pas pour autant calé au compteur et continue de chercher, fureter, explorer des pistes qui se révèlent intrigantes. « Les années 80 restent la plus belle décennie du XXème siècle, avec l’avènement des sonorités synthétiques, des trucs jamais entendus, c’est ce sentiment de fraîcheur que je recherche. Les sons eighties restent de bon ingrédients pour ré-inventer la musique du futur… »

Sébastien Broquet

A écouter : Motion Institute (Warp) et D’ (Angström)

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