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En Champ Thé, ludique labyrinthe

labyrinthe des thés

En Champ Thé, labyrinthe à déguster (photo © DR)

Caché dans les hauteurs de Saint-Joseph, à Grand-Coude exactement, se déniche un espace où flâner et se perdre en rêvant : En Champ Thé, vaste labyrinthe où l’on cultive le thé avec un feeling aussi unique que ludique.

(Un texte paru dans Maisons Créoles n°57 en mars 2010)

Johnny Guichard

Johnny Guichard

A peine passé le court tunnel de bambous marquant l’entrée, se profile la grande silhouette légèrement dégingandée de Johnny Guichard, la casquette solidement vissée sur le crâne. Le jeune homme s’avance souriant à la rencontre des nouveaux visiteurs de son labyrinthe En Champ Thé, laissant derrière lui les précédents promeneurs accoudés au comptoir de bois, une tasse de thé blanc fumant à la main.

Johnny Guichard est l’homme qui a relancé le thé à La Réunion, courant 2005. Devant faire face aux difficultés rencontrées par la culture du géranium Rosat, lui et sa famille ont cherché une solution vers laquelle se tourner, la production d’huile essentielle ne suffisant plus à les faire vivre. « Du thé, on en a toujours fait un peu pour nous. Mais on ne savait pas le faire à grande échelle. » explique Johnny en déambulant entre les arbres, ravi de nous perdre dans son labyrinthe. Car En Champ Thé est aussi un espace ludique et bucolique : « Ici, on découvre le thé de l’arbre à la tasse. On y vient avec ses cinq sens. »

La visite commence par la découverte des géraniums, emblématiques du village, et de l’alambic permettant de distiller de septembre à mars. Avant la plongée totale dans l’univers du thé. Johnny reprend : « Le thé a été introduit à La Réunion en 1955, à partir d’une espèce importée du Kenya. Il y a eu jusqu’à 350 hectares cultivés sur Grand-Coude, et la même surface à La-Plaine-des-Palmistes. Dans les Hauts de l’île, pour avoir un climat chaud et humide. En 1972, la culture a été stoppée. A l’époque, le thé réunionnais était connu comme étant l’un des trois meilleurs du monde, souvent primé dans les concours. »

Au fil du labyrinthe, se dénichent panneaux informatifs et jeux. « Des questionnaires thématiques, autour des contes créoles, du développement durable. Les écoles peuvent venir le visiter. On peut même fermer une partie sécurisée du labyrinthe et laisser les enfants s’y amuser en toute liberté et sécurité. » Parmi les projets : « Créer des chambres aromatiques dans les impasses. Par exemple, un espace dédié à la verveine. »

« Nous essayons de valoriser le thé »

L'alambic

L’alambic

Le labyrinthe en lui-même se répartit sur une surface de 1,5 hectares. La totalité de l’exploitation, elle, occupe 5 hectares dont 3 de thé. « C’est le seul thé français produit, à notre connaissance. On essaye de relancer la filière ici. Le thé à La Réunion n’est pas encore reconnu comme une culture. On aurait pu avancer plus rapidement en utilisant le chimique, mais nous avons fait le choix du naturel. Nous sommes en phase de certification bio. » explique l’infatigable meneur du projet.

Particularité de cet arbre : le théier est solidaire. Deux branches peuvent se greffer entre elles. « Quand il y a du vent, des cyclones, les branches se blessent et en période calme, elles cicatrisent ensemble et se soudent. »

Noir, blanc ou vert : tous viennent du même thé. Ce qui change, c’est la récolte. « Pour le blanc produit ici, très raffiné, ce sera juste le bourgeon terminal et les deux dernières feuilles. » Tout est écoulé en local : « Il faut être prudent, la filière s’était écroulée à vouloir exporter, nous préférons vendre ici. » Deux tonnes de thé vert sont produites chaque année ; un kilo de vert donne 130 grammes séchés. « Nous utilisons 50% de notre capacité de séchage pour l’instant, nous avons trop de thé pour notre atelier… » Une partie de la plantation est laissée en forêt, avec des arbres pouvant monter jusqu’à plusieurs mètres de hauteur ; l’autre est taillée à un mètre, destinée à la récolte.

Nous ? C’est la famille de Johnny qui met la main à la pâte : sa compagne Emmanuelle assure les visites du labyrinthe, et toute la partie administrative. Le papa Anaclet est de toutes les récoltes. Solange, la maman, tourne le thé chez elle.

Et quand vous aurez retrouvé votre chemin dans ce labyrinthe… faites un stop à la boutik, pour vous procurer ces thés blancs, nature ou parfumés au géranium, à la menthe ou à la verveine.

Sébastien Broquet

Infoline : 06 92 60 18 88

Tarif : de 4 à 8 euros.

Du lundi au dimanche de 9h à 12h et de 13h à 17h.

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