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Rimbaud scanne aussi vos conversations

Robin Rimbaud

Cet homme a les oreilles presque aussi grandes que la NSA (photo © DR)

A l’ère de l’écoute généralisée de nos conversations, retour sur un artiste qui avait anticipé les révélations de Snowden pour faire oeuvre. Robin Rimbaud, aka Scanner, était en cet été 2015 en résidence à Paris, au Centre Pompidou, pour une création avec l’IRCAM et le chorégraphe Christian Rizzo. 

(Article paru dans Novamag en décembre 2001)

L’homme qui se cache derrière Scanner, Robin Rimbaud, aime les confrontations – on l’a vu aux côtés de Richard Pinhas, David Shea, DJ Spooky… Il aligne les pseudos (Snappy Sid, Trawl…) et multiplie les expériences : l’une de ses occupations favorites consiste à s’emparer des conversations d’autrui en goguette sur les ondes (d’où le nom de Scanner), à les intégrer dans ses compositions, voire à bâtir ses morceaux autour. Rimbaud est fan de lettres, des mots. Il est très attentif aux travaux de William Burroughs, de Brion Gysin, de l’Oulipo via Perec. Et collabore avec des écrivains, comme l’auteur de Trainspotting Irvine Welsh ou le poète américain Robert Lowell.

C’est cette soif de mots qui le pousse à utiliser ceux des anonymes qu’il intercepte au gré des communications téléphoniques, inventant une forme de cut-up du quotidien en direct, greffant une electronica inventive, virant souvent ambient, parfois plus axée techno à ces collages que ne renieraient pas Dada. En live, pas la peine de chausser vos baskets les plus rutilantes pour brûler le parquet. Contentez vous de fermer les yeux et de vous laisser porter par ces œuvres qui ne doivent rien au hasard, même si elles l’utilisent abondamment.

Et si, conquis, vous désirez en savoir plus, procurez vous l’indispensable ouvrage de David Toop, Ocean of Sound, paru aux éditions Kargo.

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