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Journal d'un DJ moyen
One trip into 4th world beatz and global grooves.
Beau Printemps pour Do Pagaal
Do Pagaal, sélection Réunion du Printemps de Bourges : juste récompense pour un duo incisif, ou objectif prématuré pour une formation encore bien tendre ? La question mérite d’être posée et le rôle de ces Découvertes mérite d’être défini. S’agit-il de révéler un artiste totalement inconnu, ou d’accompagner un projet existant vers la possibilité de franchir un nouveau palier ?
Do Pagaal représentera La Réunion au Printemps de Bourges, le 14 avril prochain. C’est le choix des Découvertes. D’un côté, c’est couillu : un poète mauricien, un rien dark, et un producteur parisien exilé, esthète de l’électro originelle, réunis en un projet live plutôt novateur et expérimental. Spoken words sur beats alambiqués, nappes presque new wave et influence Suicide pas cachée. Avec en sus un brin de dubstep, de hip hop à la Anti Pop Consortium.
Do Pagaal, qui signifie Deux Fous en hindi, réunit Automat et Nikola Raghoonauth depuis l’an dernier. Quelques concerts seulement, et un nom qui s’impose doucement dans le paysage réunionnais, totalement différent du reste de la scène – à la limite, le seul cousinage évident serait Jako Maron. Et c’est une belle apparition, qui mérite assurément d’être suivie de très près vu la qualité entrevue lors de leur concert au K, à Saint-Leu, après la prestation D’ de Kabal. En voici un extrait, Dialectes et Tiques :
Seul bémol : on se demande quand même pourquoi cette année. Si ce n’est pas un peu prématuré d’envoyer un projet aussi jeune à Bourges. S’il n’aurait pas mieux valu attendre un an que Do Pagaal se structure et se mature, musicalement comme professionnellement. Qu’un management soit opérationnel, que quelques concerts de plus soient ajoutés dans la besace de l’expérience…
D’autant que d’autres artistes ont eux ce bagage, cette organisation, et restent sur le carreau alors qu’ils ont tous un album à défendre : Tikok Vellaye, vu récemment au 211, aurait mérité cette chance au vu de l’extrême qualité de la prestation. Lo Griyo en aurait bien besoin pour se frotter aux grosses pointures internationales et franchir ainsi un nouveau palier. Jako Maron, justement, aurait mérité aussi cette sélection cette année pour valoriser un premier album enthousiasmant.
Do Pagaal, aussi intéressant soit le projet, n’a encore rien à défendre. Espérons que cette sélection porte ses fruits et que les opportunités se présentent alors à Bourges, lors de ce Printemps. Ce serait dommage que deux artistes aussi talentueux disparaissent dans les limbes des espoirs oubliés pour cause de sélection prématurée. L’avenir nous dira si ce projet aurait mérité de mûrir encore un an, si Do Pagaal a été projeté trop vite sous les lumières d’un gros festival prescripteur. Ou si la paire d’allumés va électrifier son public et emporter la mise en revenant de métropole munie de quelques belles opportunités. C’est tout ce qu’on leur souhaite.














