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Madajazzcar #2 : Du rythme de l’after

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Renaud Gensane, retour au pays natal (photo © DR)

En octobre 2012, j’ai passé un mois à Madagascar, entre Tananarive et Mahajunga. Pour le site Pils, j’ai raconté le festival Madajazzcar en quatre épisodes dont voici le second, s’évadant en after au Club de l’Horloge.

(Un article paru sur Pils en octobre 2012)

Tout bon festival a obligatoirement son after. C’est un rituel, le lieu de retrouvailles des équipes, des artistes, des journalistes et parfois du public, selon la taille du festival. C’est là que se nouent les liens, se content les anecdotes, se dévoilent les caprices du jour et les amours de la veille. On y danse, on y boit – beaucoup, parfois. On relâche la pression de l’événement, momentanément. Aucun festival ne s’est imposé dans l’imaginaire commun sans son after déjanté ou convivial. C’est souvent là aussi, au détour des conversations champagnisées, rhumées, que l’on décide du sort de tel ou tel artiste : révélation de l’année, ou flop à oublier ? Car tout bon festival révèle à chaque édition son artiste arrivé dans l’ombre des têtes d’affiche, et par surprise marquant irrémédiablement l’esprit et le cœur des festivaliers.

La révélation du Madajazzcar, 23ème du nom, n’est pas encore connue – il reste bien trop d’artistes à écouter. Mais le lieu d’after est ciblé : le club de l’Horloge, au dessus du Café de la Gare, qui s’est identifié sous les dorures des grandes heures du jazz, se rebaptisant pour l’occasion Cotton Club ; c’est de circonstance. Afin de poursuivre la note bleue, point de DJ – mais une scène où la jam session peut se poursuivre tardivement, réunissant l’invité du soir qui ouvre la soirée, rejoint par les pointures locales et les autres guests du festival, heureux de profiter au maximum d’une nuit inconnue, comme à Montreux, comme à Vienne…

Ce sont Renaud Gensane (trompette) et Baptiste Herbin (saxophone) qui ont lancé les festivités hier soir, en compagnie de Andry Ravaloson, avec leur projet Maiden Voyage Project. Les chaudes compositions des deux premiers cités ont enchanté l’assistance, plutôt nombreuse et connaisseuse, dans un feeling très sixties – influence Coltrane majeure. Les adeptes des disques Blue Note et Impulse! de cette époque n’auront pas été dépaysés. Pour Gensane, c’est un retour particulier, le trompettiste étant d’origine malgache. Sa complémentarité avec Herbin, fer de lance de la nouvelle génération et ancien élève de Julien Lourau, a fait onduler les bassins. 

La poursuite de la 13ème note se prolongera chaque soir au Cotton Club : avec le Tana Jazz Band feat. Sandrine Rajaofetra, avec Bali & Samy Andriamanoro Group, avec Joël Rabesolo et ses dalons pour une session latin jazz… 

Sébastien Broquet

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