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Lacazette dans le dur, Zeffane décisif

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Pas en forme, l’idole s’est vue chahutée (photo © MadinGones / IconSport)

Lyon peine à enclencher la seconde, comme la saison dernière à pareille époque. Inquiétant ? Non, car les automatismes commencent doucement à pointer le bout de la semelle en attaque, et les recrues défensives ne peuvent que progresser. Reste un point noir, outre ceux perdus en chemin : l’absence persistante de sourire et d’envie chez Alexandre Lacazette, sorti sous les sifflets d’une partie de ses supporters alors qu’il avait accepté de jouer blessé. Mehdi Zeffane, lui, a été très bon ; mais il avait changé de maillot, endossant celui de Rennes…

Lyon 1-2 Rennes

3ème journée de Ligue 1, le samedi 22 août 2015

Stade de Gerland – 31470 spectateurs

C’est à l’heure de jeu, à la 61ème minute exactement, que survint le fait du match. Ce n’est pas sur le pré, du moins pas exactement, que l’attention s’est alors portée, mais bel et bien dans les tribunes de Gerland qui sifflait l’un de ses joueurs, l’un de ses chouchous surtout, Alexandre Lacazette. Bakary Koné, on avait l’habitude. Mais le meilleur buteur de Ligue 1 l’an dernier, le meilleur buteur de l’histoire du club sur une saison, il fallait oser ; surtout après trois matchs de championnat. Que s’est-il passé pour en arriver là ?

Un long été empli de loupés, déjà. Un non-transfert au long cours, une prolongation pleine d’incompréhensions alors que les deux parties désiraient la même chose in fine. L’attaquant préférait rester dans un club qui lui garantissait une place de titulaire et la Ligue des Champions, un an avant l’Euro, avec un schéma tactique conçu pour lui. Le club ne voulait surtout pas aller chercher un remplaçant qui aurait coûté une fortune pour un niveau de jeu au mieux équivalent, et comptait bien valider sa nouvelle politique de confiance aux jeunes du cru.

Mais le poker menteur, autour du salaire principalement, a fait des dégâts. Alexandre Lacazette n’a pas fait la préparation d’avant saison aussi sereinement qu’il aurait fallu, et entre bouderies, incompréhensions persistantes et fatigues, il a réussi dès le début du championnat par se blesser au dos. Tout en maugréant et laissant poindre des mouvements d’humeur qu’on ne lui connaissait pas. Et ce sont bien ces derniers qui lui valent les recadrages de son coach, Hubert Fournier, comme les sifflets descendus des travées samedi.

Car personne ne lui en veut, finalement, de ses loupés dans ses frappes, de l’absence de but en quatre matchs officiels. Ce qui transpirait dans les tribunes face à Rennes samedi, c’était bien un dépit général face à l’attitude d’un joueur adulé : quand il est sorti, il venait de foirer complètement deux passes, annihilant ainsi deux occasions lyonnaises ; mais surtout s’est montré blasé, dépité lui-même, à chacune de ses deux pertes de balles comme depuis le début du match.

Lyon Rennes aout 2015

Le tifo des Bad Gones (photo © Planète Lyon)

Ce même dépit qui avait gagné des tribunes lui étant pourtant acquises, mais qui ont spontanément lâché quelques sifflets – ce n’était pas non plus la bronca, rectifions. A son crédit, Alexandre Lacazette peut aussi clamer d’avoir accepter de jouer blessé, sous infiltration, comme le coach lui avait demandé. Ce que Yohan Gourcuff, par exemple, refusait systématiquement l’an dernier. Etonnant que le club n’ait pas plus communiqué sur cet aspect pour protéger son joueur.

Tout Gerland a envie de revoir Lacazette à son niveau le plus vite possible, mais ces signes de dépit, d’abattement, de renoncement même, après des gestes ratés, ne passent plus aujourd’hui que le joueur a obtenu un salaire indécent pour le commun des supporters : si le public devient plus exigeant dans les tribunes, c’est aussi parce que les joueurs (ou leurs agents) sont devenus plus exigeants dans le bureau de leur président pour négocier d’énormes salaires, en période de crise et de chômage. Le supporter en bave toute la semaine, est prêt à endurer beaucoup, à payer de plus en plus cher sa place, mais réclame au moins du spectacle le week-end venu, et moins de caprices de la part de ses idoles. Tel est aussi le message descendu des tribunes de Gerland.

Précisons aussi qu’après les sifflets, le kapo des Bad Gones s’est empressé de faire rectifier le tir, incitant ses troupes à entonner le chant en l’honneur du héros de l’an dernier, rappelant à tous qu’une bonne saison en Ligue 1 et un parcours solide en Ligue des Champions passeraient automatiquement par un Lacazette au top. Ce dernier a apprécié et s’est relevé du banc où il était prostré pour remercier le virage. Il s’est par la suite exprimé sur Twitter, annonçant se mettre au repos le temps de soigner son dos. C’est sage.

Drôle de début de saison tout de même, pour l’Olympique Lyonnais : un mercato plutôt solide en apparence, des revalorisations salariales et des prolongations pour les jeunes pousses de l’équipe type de l’an dernier, tout semblait se caler dans le bon tempo, et pourtant… Au niveau du résultat comme du jeu, c’est calme plat. Et après deux rencontres où Lopes avait pu garder sa cage inviolée (contre Lorient puis Guingamp), c’est cette fois un ancien de la maison, l’indésiré Mehdi Zeffane, qui a poinçonné méthodiquement le coeur et le but lyonnais (un goal à la 56ème, et une passe décisive pour Pedro Henrique dès la 8ème à son actif). Classe, Gerland l’a applaudi lors de son remplacement.

Mais côté lyonnais, si la première mi-temps a esquissé des promesses pour l’avenir, en particulier avec la relation qui se peaufine entre Fékir et Valbuena, la seconde a laissé un goût amer en bouche – surtout en ce qui concerne une défense aux abonnés absents, Yanga-Mbiwa (grosse, grosse boulette sur le premier but où il s’emplâtre presque dans Ferri en guise de relance) et Rafael (très nonchalant) ne s’étant pas montrés convaincants, loin de là. Sam Umtiti continue d’être bien seul pour assumer le rôle de pilier de cette dernière ligne.

Reste le cas Fékir, qui lui est déjà prêt – et a égalisé à la 12ème ; le lutin ne peut pas tout faire seul, mais nul doute que lorsque ses coéquipiers monteront en régime, la machine lyonnaise pourrait se révéler redoutable avec un tel atout.

Sébastien Broquet

4-4-2 en losange

Anthony Lopes (4) : Pas entièrement responsable sur les deux buts, mais on l’a connu plus décisif et inspiré.

Henri Bédimo (6) : D’incessantes montées dans son couloir, un certain acharnement, une présence défensive plus fiable que ses collègues, mais rien de concret à l’arrivée.

Samuel Umtiti (6) : Finalement, le patron, c’est lui. Solide.

Mapou Yanga-Mbiwa (2) : Dure, la première, entamée par une relance totalement foireuse qui offre un but à Rennes. Jamais rassurant par la suite. Général bis, ou débuts prématurés ?

Rafael (3) : Pas rassurant défensivement, où il apparait nonchalant. Pas inquiétant offensivement non plus, où on le voit peu déborder et centrer. Il ne jouait pas si souvent à Manchester United, il lui faudra retrouver le rythme et les automatismes. 

Maxime Gonalons (5) : Pas encore maître de son milieu, le n°6 vintage assure suffisamment pour éviter les bourdes. Service minimum.

Jordan Ferri (3) : Se prend presque un Mapou dans la face à la 8ème, ne s’en remet pas du match. Moyen, et menacé par les envies de recrutement à son poste, voire par Mvuemba, s’il ne retrouve pas ses sensations de l’an dernier. Remplacé par Rachid Ghezzal, qui a fait comme d’habitude : un ou deux tripotages de ballon, et aucun geste décisif. L’inutile.

Corentin Tolisso (4) : Comme son compère du milieu, un peu absent. Vivement la rentrée, même si on le sent moins menacé.

Mathieu Valbuena (5) : Une bonne première mi-temps, des automatismes qui prennent forme avec Fékir, une activité sans relâche, et une capacité phénoménale à accélérer le jeu. Il va faire du bien, beaucoup, dans peu de temps. Remplacé par Maxwell Cornet à la 69ème, qui fait ses classes pour devenir le Njie de cette saison.

Nabil Fékir (6) ballon foot carton_jaune : Le seul lyonnais vraiment en jambes, le seul décisif surtout. A parfois trop tenté d’être le héros en s’encastrant dans la défense adverse. Il a pris un jaune à la 84ème pour antijeu.

Alexandre Lacazette (2) : A raté tout ce qu’il a tenté. Mais a joué blessé. Remplacé par Claudio Beauvue à la 61ème, que l’on a peu vu.

Hubert Fournier (5) : A peaufiné son équipe type, et se demande que faire de Rafael quand Jallet va revenir. Deux bémols : s’obstine à se passer de Mvuemba qui aurait peut-être fait du bien en seconde mi-temps ; n’a que trop peu protégé son top player Lacazette en n’annonçant pas sa blessure.

Buteurs

  • Claudio Beauvue : 1 but / 3 matchs
  • Nabil Fékir : 1 but (+1) / 3 matchs

Passeurs

  • néant

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