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Le jour d’après

Lyon Lille

Problème d’espace-temps : des minutes de ce match semblent s’être égarées dans un trou noir en fin de match, provoquant la colère des lyonnais (photo © Olympique Lyonnais)

Lyon a joué son premier match sans celui qui était parti pour être l’étoile de sa saison, Nabil Fékir, blessé grièvement avec les Bleus contre le Portugal et indisponible au moins six mois. Sans surprise, la machine offensive s’est déréglée : après le festival face à Caen, la disette fait son come-back et la partie s’est terminée sur un triste 0-0. Triste, vraiment ? Pas totalement, car il y a eu du jeu et de la volonté en seconde mi-temps, et il ne faut pas oublier l’adversaire : Lille a joué le rôle de la pathétique équipe de Ligue 1 en parquant un bus à impériale devant son but, ne contribuant pas vraiment au spectacle que devrait être tout match de football.

Lyon 0-0 Lille

5ème journée de Ligue 1, le samedi 12 septembre 2015

Stade de Gerland – 32137 spectateurs

C’est épuisant, à force, ces équipes de milieu de tableau de Ligue 1, qui s’évertuent à préserver leur but inviolé à tout prix, oubliant les spectateurs dans les tribunes, ne proposant rien d’autre qu’un mur de béton armé : et tout ça, pour finir au mieux septième du championnat ou pour certains, se ridiculiser en Ligue Europa l’année suivante… Quand d’autres proposent du jeu, tentent sans peur de perdre, à l’instar de caennais fringants mais défaits face à l’OL le week-end passé, qui sont allés cette semaine chercher 3 points mérités et devant tout aux intentions de la première mi-temps face à Lyon, dixit leur propre entraîneur, Patrice Garande, dans L’Equipe.

Reste que cet OL encore en rodage n’a pas su contourner le mur ni trouver une faille, pas aidé par un Vincent Enyeama encore énorme dans les buts lillois, et par deux montants récalcitrants – coup-franc sur la transversale de Valbuena à la 40ème, tête de Rafael à 89ème heurtant le poteau avant de longer la ligne. La tête de ce dernier étant consécutive à un nouveau coup-franc tiré par le meneur arrivé au mercato, la bonne nouvelle vient du grand retour d’un OL dangereux sur phases arrêtées. L’apport énorme de Petit Vélo sur ces phases de jeu est crucial : après son but en équipe de France, nul doute que d’autres vont suivre à Gerland et que nombre de points vont être glanés grâce à lui cette saison.

Suffisant pour combler le vide béant laissé par Fékir ? Sans doute pas, tant le trublion paraissait affûté pour affoler toutes les défenses du pays ; mais assez pour maintenir l’objectif d’un podium. Alexandre Lacazette, guéri et « revanchard » dixit Christian Lanier, journaliste du Progrès suivant l’équipe, n’a pas scoré pour son retour ; mais désormais enfin libéré de tous ses tracas, il ne saurait tarder à monter en puissance.

Les gestes d’agacement sur le terrain ont disparu. Reste qu’il ne faudra par tarder, car son équipe a pris un sérieux retard à l’allumage en terme comptable (deux points sur neuf possibles seulement à domicile). Il va falloir les rattraper, et surtout convertir enfin les promesses de jeu que laissent augurer certaines séquences des deux dernières rencontres. Car si Lyon n’a pas convaincu samedi, il a progressé : Lille n’a quasi pas vu le ballon de la seconde mi-temps et n’a jamais rien pu (ni voulu) montrer. 67% de possession de balle pour l’OL ! Espérons que l’hymne de la Champion’s League permette le bond en avant attendu, mercredi soir, à La Gantoise, et que cette saison qui hoquète pour l’instant se lance enfin pleinement.

Sébastien Broquet

4-4-2 en losange / 4-2-2-2 après la 78ème

Anthony Lopes (6) : Deux beaux arrêts en début de match. S’est acheté une paire de jumelles pendant la mi-temps, pour enfin revoir les lillois sur le terrain.

Henri Bédimo (6) : Deux gros retours défensifs emplis d’autorité pour couper des tentatives de contre-attaque en seconde mi-temps, et une certaine présence offensive : il fait du bien sur son côté.

Samuel Umtiti (7) : Toujours et encore très présent, assumant son rôle de patron. Toujours et encore à la recherche de son complément à droite.

Mapou Yanga-Mbiwa (4) : En voie de Konéïsation. Aurait pu sauver sa prestation en marquant de la tête en fin de partie.

Christophe Jallet (5) : A repris sa place de titulaire, se montrant rassurant sans être tonitruant. Remplacé par le brésilien Rafael (65ème), qui a failli devenir le héros de la soirée en plaçant une tête sur le poteau à la 89ème.

Maxime Gonalons (5) C : Dans ce genre de match, son jeu de n°6 old school se révèle pénalisant, manquant de surprise dans l’orientation du jeu et d’une grosse frappe de balle de 30 mètres qui pourrait débloquer la situation.

Jordan Ferri (5) : Présent. Remplacé par Aldo Kalulu (78ème) qui postule au rôle de révélation de l’année pour l’académie lyonnaise, mais ne l’a pas encore montré.

Corentin Tolisso (5) : Remis de sa blessure, et par les temps qui courent, c’est déjà beaucoup.

Mathieu Valbuena (7) carton_jaune : Poursuit sa montée en puissance, aimante de plus en plus les ballons, se montre dangereux sur les coups de pied arrêtés, mais aussi dans le jeu : une bonne saison passera automatiquement par ses pieds et sa vision. A pris un carton à la 92ème pour avoir bousculé Corchia.

Claudio Beauvue (4) : Trop transparent dans un match où son jeu de tête et son physique auraient dû faire la différence. Remplacé par Maxwell Cornet (72ème) qui va devoir vite marquer s’il ne veut pas voir débarquer un joker médical dans ses pattes.

Alexandre Lacazette (5) : Un dos guéri, une attitude plus volontaire, l’esprit d’équipe retrouvé. Le meilleur buteur de l’an dernier n’a pas été décisif, mais n’en demandons pas trop d’un coup.

Hubert Fournier (6) : Gère les éléments comme il peut, entre blessure longue durée de son meilleur joueur de l’été, retour de blessures de ses tauliers (Jallet, Tolisso, Lacazette), arbitrage douteux (quelques errances de M. Schneider concernant la gestion des arrêts de jeu et minutes additionnelles).

Buteurs

  • Nabil Fékir : 4 buts / 4 matchs
  • Claudio Beauvue : 2 buts / 5 matchs

Passeurs

  • Corentin Tolisso : 2 passes / 5 matchs
  • Mathieu Valbuena : 1 passe / 4 matchs

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