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Loan, princesse bass

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Loan, artiste discrète adepte d’une bass music flirtant avec l’electronica et le hip hop, sort son premier album : Grigri Breakers.

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La scène dubstep n’en finit plus de révéler de nouveaux talents, et commence à s’immiscer, comme son aînée dub, dans les moindres recoins de la création sonore à travers des fusions étranges et des métissages insoupçonnés. Ce nouveau projet de Loan, initié au Sénégal et poursuivi entre Paname et la cosmopolite Marseille, en est la parfaite illustration.

Grigri Breakers est une pierre angulaire du riche parcours, initié en 1998, de cette activiste underground, habituée des rencontres et des voyages qu’elle transpose en un son hybride et exigeant, à coloration dubstep mais tatoué par le breakbeat le plus farouche et le hip hop le plus déviant.

Point d’orgue de cet état d’esprit, les cinq titres enregistrés entre 2003 et 2004 à Dakar, au Sénégal. Partie à l’aventure, la jeune fille en ramène des tracks étonnants avec le meilleur de la scène hip hop locale : Da Brains, Taf’Taf de Noni None, Black J de Raktaksquad et enfin la voix singulière de Nono.

Le tout a été façonné dans le quartier Sicap Liberté 5, quand Loan s’est pointée avec son studio portatif, armée de quelques bases d’instrumentaux bien dancefloor, allant du hip hop au 2-step.

Partage, émotions, échanges : ces artistes sénégalais ont su lui faire confiance et dépasser leurs réticences, pour se greffer avec enthousiasme sur ces sons peu courants.

Sur Grigri Breakers, l’Afrique croise ainsi le chemin de quelques valeurs sûres de la scène underground française. Rimshot, moitié d’Interlope, est ainsi présent, tout comme l’immense Pushy!, Monsieur Greg, Nice et Tafa du groupe Siki Saka, tous croisés par Loan au fil de ses pérégrinations l’ayant mené en Mongolie ou à Goa. Rewind.

Loan fait ses armes dans le milieu free tekno, permettant alors toutes les audaces. Elle sort ses premiers tracks chez Sub-Radar, 2B Delighted, War Rec ou même Audiotrix, un label de la nébuleuse Spiral Tribe.

Loan et Otisto23

Loan et Otisto23

Régulièrement, elle retourne en Afrique de l’Ouest où elle collabore, enregistre, produit avec les scènes hip hop et reggae, avec des artistes comme Abass-Abass et Naby Condé. En 2006, Loan rejoint le projet African Expedisound et l’équipe IOT Records. Ce qui l’amène à participer à plusieurs de leurs compilations comme la bédé & cd Future Exposed ou le documentaire Mongolia Expedisound.

Dans le même temps, Loan s’acoquine avec le label DTC Records, et avec Otisto 23 donne des lives résolument expérimentaux, travaillant au corps un breakbeat décalé, jouant sur les contre-temps et les mesures étranges : la paire nomme ceci de l’antifacile dancefloor…

Attirée vers d’autres cieux par le groupe Duoud, duo composé de Mehdi Haddab et Smadj, elle crée façon ciné-concert une bande son originale pour le film Lost World, de Harry O. Hoyt et Willis O’Brien, datant de 1925. Une fusion mêlant ambient et Orient.

Courant 2007, Loan s’installe sur les plages de Goa en Inde où elle s’immisce en douceur au sein du projet Arambol Experience. Là, elle rencontre Sanjoat, chanteuse indienne originaire de Goa avec qui plusieurs titres electro et breakbeat sont mis en boîte. Plusieurs concerts sont donnés au Coco Loco du village d’Arambol, et un DVD témoigne aujourd’hui de l’aventure.

Grigri Breakers, son premier album

Grigri Breakers, son premier album

Via DTC Records, à son retour, elle se connecte avec le réputé pianiste de jazz Laurent de Wilde, parti explorer l’électronique en compagnie d’Otisto 23. Loan participe à leur album commun PC Pieces, sur le titre Peace and the Hump. Avant d’être au menu quelques mois plus tard de l’album de remixes, PC Pieces Remixed by Friends.

Entre temps, Loan aura multiplié les apparitions live un peu partout. Dans les squats berlinois, au Rex Club parisien. Mais aussi au Batofar, à Glazart… A la Java, le plus vieux dancing de la capitale… Au Café Julien et dans tous les lieux qui comptent à Marseille. Au Centre d’Art Contemporain de Lyon. Au Nautilus de Bordeaux. Dans les festivals espagnols, comme le X72 ou le Casino Festival. En Mongolie, pour le Hos Ayas Festival. En Pologne, en Italie, à la Réunion…

Autant d’aventures aujourd’hui condensées sur ce Grigri Breakers, reflets d’une âme pure et d’une créativité fertile. Un objet collector, à se procurer d’urgence, comprenant un double vinyle avec le cd clipé à l’intérieur.

Grigri Breakers révèle ainsi à tous l’univers sans compromis initié par Loan, explore un feeling riche d’humanité et d’expériences sonores palpitantes.

Sébastien Broquet

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