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Les Bleus, petits joueurs.

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Ca va bien se passer, Mathieu (photo © DR)

Interro écrite. Est-il possible de gagner l’Euro avec des joueurs de Newcastle et du Dynamo Moscou comme titulaires ? Vous avez deux heures.

C’est à l’aune de ce mercato d’après coupe du monde qu’il faut aussi mesurer les performances de l’équipe de France au Brésil. En s’arrêtant sur celui qui n’était pas loin d’être le meilleur Bleu sur l’ensemble du tournoi, nouveau dépositaire du jeu en l’absence de Ribéry et joueur le plus utilisé par Didier Deschamps depuis son arrivée aux commandes : Mathieu Valbuena. 

Petit Vélo veut quitter Marseille où il évolue depuis 2006, c’est compréhensible pour celui qui n’a jamais joué à l’étranger et aimerait s’offrir un dernier gros challenge / contrat (rayez la mention inutile) dans un club plus huppé. Problème : ça bloque. Pas du côté de l’OM, où le meneur dispose d’un bon de sortie. Plutôt du côté des clubs intéressés. Car l’ancien de Libourne semble se diriger vers le Dynamo Moscou. Jean-Pierre Bernès dément pour l’instant la signature, mais les négociations existent. Même si c’est une tactique du roué et influent agent pour faire monter les enchères, aucun nom de club prestigieux ne pointe à l’horizon : la Fiorentina ne se manifeste plus,  Arsenal ne bouge pas, les clubs espagnols qui l’ont suivi font silence (Atletico Madrid, Valence, FC Séville et même un temps le Barça). Ses excellentes performances en Bleu n’attirent personne en Europe. Et son salaire (300.000 euros chaque mois) fait fuir les rares directeurs sportifs venus aux renseignements.

Alors, faut-il vraiment quitter l’OM ? Partir d’un club qui l’a fait roi envers et contre tout, au moment où celui-ci effectue sa petite révolution et un retour à l’ambition, par la grâce de l’arrivée sur le banc d’un coach de renom comme Marcelo Bielsa ? Ce dernier pourrait le faire encore grandir, avec l’assurance d’une place de titulaire, voire lui confier le rôle de patron dans le onze phocéen. Ou bien faut-il vraiment filer en douce chez le quatrième du championnat russe, où l’attend un oubli quasi certain ? Combien d’internationaux français jouent en Russie ? Zéro. (Pardon, un ancien : Sinama-Pongolle à Rostov).

Le dernier en date, Yann M’Vila, est parti là-bas justement pour cette raison : se faire oublier après ses frasques avec les Espoirs. Et il vient de refuser une offre du même Dynamo pour aller à l’Inter Milan, espérant la rédemption en même temps qu’un retour au haut niveau qu’il n’aurait jamais dû quitter. Le choix de Valbuena, s’il se confirme, serait révélateur : un manque d’ambition. On vient de lui reconnaître enfin le rôle de meneur de jeu des Bleus, et il partirait se faire oublier au risque de louper l’Euro 2016 en France… Soyons sérieux : le pragmatique Deschamps pourra-t-il longtemps continuer à sélectionner un joueur expatrié au Dynamo Moscou pour porter son équipe vers la victoire au Stade de France ? 

Pas la même, en 1998 

Ce choix et celui d’autres Bleus illustrent ce qui a manqué à l’équipe de France lors de ce mondial : un peu plus d’ambition. Les champions du monde 98 étaient allés à l’étranger pour apprendre la gagne à la Juve, au Milan, à Chelsea et au Bayern. Pas seulement les stars : Karembeu jouait au Real Madrid, Candela à l’AS Roma. Et se contenter de petits clubs aujourd’hui pour quitter la Ligue 1, c’est comme se complaire d’auto-satisfaction après un quart de finale pas vraiment abouti, qui semblait à leur portée, pour ces Bleus nouvelle génération qui ont juste rempli le contrat établi par le président de la Fédération. Sur le moment, dans l’enthousiasme, nous étions sur la même longueur d’onde : contents. Mais au regard de ce mercato… Inquiets. 

Remi Cabella, le seul avec Landreau à n’avoir pas foulé les pelouses brésiliennes, a signé avec Newcastle. Sérieusement, Newcastle ? Combien de joueurs français se sont éteints au sein de cette colonie qui n’a plus gagné un titre de champion d’Angleterre depuis 1927 et la Cup depuis 1955 ? Si Debuchy y a trouvé un palier vers Arsenal, si Loïc Remy a réussi à s’en extraire pour filer vers Liverpool, combien d’échecs ? On souhaite à l’appelé de dernière minute de ne pas suivre la trajectoire de l’intermittent du spectacle Ben Arfa. Est-il au courant qu’il vient de se positionner comme pourvoyeur de passes décisives à destination de Yoan Gouffran et Emmanuel Rivière pour les mois à venir ? Largement de quoi le faire lui aussi disparaître des radars internationaux s’il ne se fait pas remarquer rapidement par un club du top 5 pour la saison suivante. A Newcastle, on apprend à se contenter des places d’honneur, pas à gagner, à marquer ce but égalisateur dans le Fergie time

Antoine Griezmann (photo  DR)

Antoine Griezmann : l’espoir (photo © DR)

Attention ! Loin de nous l’idée de juger ratée la compétition des Bleus. Nombre de promesses en sont issues. Mais pour n’avoir pas su faire rêver lors des matchs à élimination directe, hausser son niveau de jeu, et encore moins fait preuve d’une révolte déchaînée en seconde mi-temps face à l’Allemagne, elle nous laisse vraiment sur notre faim. Faire rêver contre une équipe de Suisse qui se croyait devenue cador un peu vite, c’est une chose. Déclencher une douce folie lors des matchs-couperet en est une autre que les Bleus n’ont pas encore su montrer. Ce n’est pas grave, pour l’instant. Mais si sur la compétition en elle-même des promesses pouvaient être nées en vue de l’Euro 2016, on se pose de sérieuses questions sur le manque d’ambition et l’absence de retombées au mercato de la performance des petits Bleus… 

Car finalement, le seul pour l’instant à passer d’un grand club à un autre grand club, c’est l’ex mal aimé, celui que l’on imaginait à la retraite au moment du prochain Euro : Patrice Evra. Qui calme encore une fois tous ses détracteurs en quittant à 33 ans Manchester United, où il a tout gagné, pour la prestigieuse Juventus de Turin, triple championne d’Italie en titre. Lui ne part pas en pré-retraite au Qatar, et c’est tout à son honneur.

On compte donc vivement sur Morgan Schneiderlin (Tottenham, Arsenal) et Antoine Griezmann (Chelsea, Tottenham mais aussi le stade vide et les dollars de Monaco) pour faire les bons choix et devenir grands : car ce n’est pas avec des joueurs évoluant au Dynamo Moscou et à Newcastle que les Bleus gagneront l’Euro dans deux ans.

Sébastien Broquet

2 plusieurs commentaires

  1. ça suffira pas la pétition, faut envisager un kisskissbankbank 😉

  2. ppppprrrrrruuuaaaahhh !!!!! faut qu ´on lui enhoie une pétition !!!

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