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L’Art des bruits, de Luigi Russolo

L'art des bruits (Allia)

L’art des bruits (Allia – 6€10)

L’art des bruits, le manifeste du futuriste italien Luigi Russolo, est une pièce indispensable de la bibliothèque des amateurs de musiques électroniques.

intonarumoriDepuis que les adeptes de musique électronique se sont piqués de chercher leurs ancêtres, Luigi Russolo est devenu l’arrière-grand-père de la techno. Légitime que son manifeste futuriste, L’art des bruits, soit depuis régulièrement réédité.

Luigi Russolo adhéra au futurisme en 1910, se fit la main sur les manifestes picturaux du groupe mené par le poète Marinetti, dans la foulée de l’acte fondateur du vingt février 1909. L’ami d’Umberto Boccioni peint avant de bifurquer vers la théorie sonore et l’invention d’instruments censés créer une musique propre à ses préceptes ; tels ses générateurs électriques de bruits, les Intonarumori. Ce manifeste lâché le onze mars 1913 prône l’intégration des sons de l’environnement urbain et de la nature dans la création : « Il faut rompre à tout prix ce cercle restreint de sons purs et conquérir la variété infinie des sons-bruits » écrit-il. Sampling ! Ce qui inspira bien du monde, d’Edgard Varèse qui lui écrivit une célèbre missive à John Cage, Pierre Henry ou Pierre Schaëffer, et évidemment Art of Noise…

Après avoir joué quelques années plus tôt devant un Ravel ravi, Russolo fît sa dernière représentation publique à Paris, lors d’une exposition de peinture futuriste à la Galerie 23, en décembre 1929. Il s’était réconcilié peu avant avec les disciples de Marinetti, qui l’avait exclu à cause de son rejet du fascisme. L’artiste italien consacra la fin de sa vie aux sciences occultes et aux philosophies orientales et mourut oublié en 1947, près de Milan. Ses inventions furent toutes détruites au cours de la seconde guerre mondiale. Seul reste un piano enharmonique d’un octave, dernière création avant qu’il abandonne la musique alors que la disparition du muet au cinéma lui ôtait une opportunité d’action. Dans son propre manifeste, Alec Empire hurle : « La clef, c’est le bruit – la vie est pleine de bruit – seule la mort est silencieuse ! »

S. Broquet

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