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La sainte trinité du rock

Pamela des Barres 1968

Pamela des Barres en 1968 (photo © DR)

En trois ouvrages, voici réunie la sainte trinité rock : le manager, la groupie et le rock critic. La star ? Interchangeable, la star. Secondaire, anecdotique… Ombre chinoise de ces deux autobiographies de Pamela des Barres, Confessions d’une groupie et Andrew Loog Oldham, Rolling Stoned. Et d’une bio signée Jim DeRogatis et consacrée à Lester Bangs, Mégatonnique rock critic

(Texte paru dans Kwélafé en avril 2007)

Ces trois bios content comment s’est inventée la pop culture moderne. Ses excès, ses bouleversements, ses désirs et ses orgasmes. Pamela des Barres, Andrew Loog Oldham, Lester Bangs et une poignée d’autres ont révolutionné durablement l’époque.

41YR067YM1LPrenez Oldham, manager des Rolling Stones après avoir œuvré pour les Beatles et Mary Quant. Il enferma Jagger et Richards dans leur cuisine pour qu’ils accouchent enfin d’une chanson à eux, inventa des slogans aussi imparables que « Laisseriez vous votre fille sortir avec un Rolling Stones ? », découvrit Marianne Faithfull, donna son patronyme à John Paul Jones, le futur bassiste de Led Zeppelin… Le marketing musical ne serait rien sans lui. Matez les copieurs : Malcolm McLaren inventant les Sex Pistols ou Pedro Winter, manager de Daft Punk… Oldham, rescapé des sixties flamboyantes donne sa vision des choses : c’est cynique, mod et bourré de détails indispensables. Jubilatoire.

Pamela des Barres, première groupie. Comme on dirait première dame. Avant que groupie ne devienne un terme péjoratif, une bande d’adolescentes gourmandes s’entichent des rock stars de l’époque et contribuent à emmener ce grand cirque perpétuel des tournées vers un monde insoupçonné de joie, d’insouciance et un brin de décadence. Pamela est la plus célèbre d’entre elles, ayant inspiré le personnage du futé film Almost Famous. Elle a pris la plume et raconte ses nuits de discussions avec les Zappa, de défonce avec Morrison, de baise avec quelques autres. Avec un art de le vivre avec classe aujourd’hui disparu. Léger, pimpant.

Reste Lester Bangs, mort à 33 ans après une vie où il interviewa les plus grands en les rabaissant à ce qu’ils sont : de simples humains comme les autres. Ses échanges avec Lou Reed sont devenus mythiques, ses diatribes uniques, ses coups de cœur multiples – de Coltrane aux Seeds, en passant par les premières saillies pro punk, les Stooges et Kraftwerk en qui il décela « l’avenir, techno ». Certains disent de lui qu’il est le meilleur écrivain américain du 20ème siècle. En ayant écrit que des critiques de disques. Ce qui est sûr, c’est qu’il a inventé la traduction écrite de l’idiome rock. Jouissif.

Sébastien Broquet

Pamela des Barres, Confessions d’une groupie (Le Serpent à Plumes)

Jim DeRogatis, Lester Bangs, mégatonnic rock critic (Tristram)

Andrew Loog Oldham, Rolling Stoned (Flammarion)

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