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L’éruption Java

 

Java

Java

En fait, Java, c’est comme La Réunion : un nom un peu exotique, tropical, situant sur la carte une île volcanique. Et vendredi dernier, au festival Sakifo, le volcan Java est entré en éruption. Les coulées de leur lave sonore resteront longtemps dans les mémoires.

(Cet article est paru dans Le Quotidien de La Réunion le samedi 8 août 2009)

L'accordéon magique de Fixi

L’accordéon magique de Fixi

« Je vais te dire, j’aurais payé 25 euros et j’aurais vu que Java, je serais content » qu’il dit, le festivalier quelques minutes après le concert des parisiens. « Ouais, moi pareil », lui répond son dalon. Voilà résumé en quelques mots une sensation assez unanime, vendredi soir : Java a démonté, déboîté et défoncé la Poudrière. La question se posait de savoir pourquoi les organisateurs n’avaient pas programmé ce groupe sur Salahin, la grande scène. C’est quand même nettement plus fort qu’Anis, c’est clair. Problème : comment aurait fait la gentillette Olivia Ruiz après un tel raz de marée ? Car Java, d’entrée de show, a mis le feu. Un J’me marre fait monter la sauce, désormais classique de leur répertoire. Et annonce ce qui va se passer : les quatre larrons décoincent les zygomatiques et déclenchent l’hilarité générale vite fait, bien fait.

Et quand d’autres invitent le public sur scène à la fin quand tout est gagné, eux le font dès le début, confiants, pour instaurer l’intimité. Collé serré sur scène, et le parterre dodelinant de concert.

Et vint Rêve. La boulangère (oui, elle a aussi exercé ce métier) tient tout le morceau, s’offre le premier stage diving de sa vie, pendant qu’R-Wan passe en revue tout le rayon gâteaux dans ses lyrics crémeux… Et fait monter la sauce façon club antillais, menant à la baguette ses fans. A droite, à gauche… Les mains en l’air, le refrain dans la bouche de milliers de personnes : tout y passe et ça marche. Mais attention, s’il fait le show, le Java’nturier n’oublie pas pour autant l’inspiration. Assurer le son, l’accordéon mutin de Fixi se lovant sur un riddim toujours solide.

Et quand d’autres invitent un artiste local en début de concert histoire de se mettre le public péï dans la poche, Java choisit de convier Alex (même un brin ivre, il assure) et Toguna (qui se fait manger tout cru) au rappel. Quand tout est déjà gagné pour les parisiens, histoire de partager – toujours cette même histoire d’échange – un moment de bonheur intense. Qui se conclue sur leur hymne génial, que l’on va s’empresser de mettre en pratique pour le reste de la vie : sexe, accordéon et alcool. Et R-Wan s’en va après un dernier hommage aux alcooliques. Merci pour la dédicace,  l’ami, et à dans deux ans sur Salahin !

Sébastien Broquet

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