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Journal d'un DJ moyen
One trip into 4th world beatz and global grooves.
Loïk Dury (ciné revue)

Ancien programmateur de radio Nova aux oreilles aussi grandes que le monde, dj pointu et ambassadeur d’une nuit métisse, instigateur du label Kraked, co-fondateur du génial site Paris DJ’s, Loïk Dury s’est plongé dans l’univers des musiques de films, en particulier pour Cédric Klapish. Interview soundtrack.
Comment es-tu tombé dans la musique de film ?
J’ai fait ma première expérience avec Pigalle de Karim Dridi. Après j’ai rencontré Cédric et c’est lui qui m’a vraiment poussé sur Peut-être. J’adore m’immerger totalement au service d’une histoire, d’un film, d’un réalisateur. J’aime pouvoir oublier mon égo avec d’autres au profit du film. Il n’y a pas d’angoisse de la page blanche, on est boosté par l’énergie collective qui se dégage.
Avoir une culture dj, c’est un plus pour composer un soundtrack post-Portishead ?
L’avantage, c’est que tout est possible. Ma principale force c’est ma liberté et mon imagination. Je n’ai pas la science d’un musicien au sens traditionnel, mais du coup je n’ai pas non plus ses blocages. Mon kiff c’est de télescoper les deux approches. Sur un film je m’entoure toujours de fines gâchettes. Je n’envisage pas de le faire tout seul, c’est le travail d’équipe qui m’inspire.
Tu es toi-même réalisateur, de documentaires. Sur la blaxploitation entre autre. Avantage ?
Je ne suis pas réal ! Je trippe avec de la vidéo et des archives. Pour des documentaires, ou comme parfois des projos pendant des soirées. De toutes façons aujourd’hui avec Cubase / Finalcut / Reason / Aftereffect / Artmatik / Live / Photoshop ce n’est qu’une logique, la même pour l’image et le son : le c.a.c.a (copier/altérer/coller/assembler).
Cédric Klapish ?
Super cool. Après trois films ensemble c’est plus simple, on a un vocabulaire et des références communes. Il y a une vraie bonne vibe entre nous. Je suis déçu par l’échec en salle de Ni pour ni contre qui est le travail dont je suis le plus fier.
Les contraintes sont-elles différentes pour un film comme Jet Set ?
Bien sûr, car on vient te chercher pas pour ta musique ou ton feeling, mais pour ton expérience, ta capacité d’adaptation et comme je suis avant tout un ouvrier indépendant… Je n’ai pas toujours le luxe de mes choix mais ces expériences m’apprennent le métier.
Composer pour le cinéma, ça te coupe de la scène et du public…
J’ai fait le dj pendant dix piges. Il y a un moment où la nuit m’a moins excité. Il fallait que je bosse sur du concret. Produire de la musique ça ne s’apprend pas en 24 heures, il m’a fallut quelques années de nuit blanches avant de maîtriser un peu l’histoire. Tous les rapports bidon de la nuit m’on gavé. C’est vrai qu’en ce moment l’ouverture d’esprit redevient un peu une valeur tendance. Je prends plaisir à rejouer !
Que penses-tu de cette tendance consistant à faire rejouer par des dj’s une musique de film en direct, le concept de cinémix ?
On m’a propose un cinémix mais j’ai refusé, c’était trop de boulot pour moi. L’idée marche bien avec des films muets dont on peut redécouvrir la puissance et la modernité. Deux approches m’ont particulièrement convaincu : l’impro intense de Doctor L et Rodolphe Burger sur The Unknown, et les programmations inspirées de Joakim sur La Chute de la Maison Usher. Mais il faut reconnaître que pour l’instant ils sont loin devant les autres : on voit aussi beaucoup de n’importe nawak !
De quel film existant aurais-tu aimé composé la BO ? Et avec quel réalisateur tu aimerais bosser ?
J’ai avant tout envie de bosser avec des gens sincères et entiers qui trippent vraiment. Je suis ouvert a tout !
Cette interview est parue dans Novamag en juin 2003.
En bonus… Loïk Dury rendant hommage à François de Roubaix :
Et là, un extrait de L’Oeil du Cyclone, mythique émission de Canal Plus dont Loïk fut artisan :













