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Fékir compte triple

Nabil Fékir (photo © Olympique Lyonnais)

Le retour de la jeunesse dorée : Fékir et Tolisso ont assommé Caen (photo © Olympique Lyonnais)

Nabil Fékir a tout fait, ou presque, dans ce match : au moment où la recrue Beauvue claquait une belle reprise venue d’ailleurs pour scorer, le trublion appelé en Bleu avait déjà mis à l’abri son crew en plantant son premier triplé en Ligue 1. Corentin Tolisso, au ralenti depuis la reprise, l’avait alimenté de deux passes décisives et d’une influence retrouvée au milieu – avant de se blesser. Le début de la marche en avant, pour l’OL.

Caen 0-4 Lyon

4ème journée de Ligue 1, le samedi 29 août 2015

Stade Michel d’Ornano – 19795 spectateurs

Tout s’est joué dans la semaine précédent ce match, qui aurait tout aussi bien pu être perdu face à une belle et joueuse équipe de Caen s’étant créé nombre d’occasions nettes. Mais voilà, la différence à l’OL, c’est la forte culture club et une capacité à réagir efficacement pour éteindre les incendies en période de crise. Jean-Michel Aulas et Hubert Fournier l’avaient déjà démontré l’an dernier, à pareille époque, et ce duo avec des armes différentes vient de récidiver, conduisant à une victoire sans appel qui permet de passer la trêve internationale peinard, à travailler à l’intégration des recrues et permettre à Alexandre Lacazette de se remettre sur pied. Au delà du triplé de Fékir, cette victoire est avant tout celle du staff et du président.

Reprenons. Alors que ça craquelle dans tous les sens, sur le terrain (défaite à domicile), dans les tribunes (sifflets pour Lacazette), en dehors avec les états d’âme des uns et des autres, Jean-Michel Aulas évite cette fois soigneusement tout tweet cinglant, toute annonce fracassante. Tout le contraire : il annonce la fin du mercato lyonnais, soufflant que les jeunes joueurs flippent de perdre leur place en voyant arriver trop d’internationaux – et qu’il se met à leur écoute. Le président se rend directement à Tola-Vologe, mercredi, prenant la parole devant tout l’effectif, se montrant rassurant, enthousiaste, paternaliste. Aulas rappelle les fondamentaux pendant une demi-heure : cette équipe a réussi en jouant ensemble, et les comportements individualistes apparus pendant l’été ne peuvent que la reconduire dans l’anonymat. Il parle de plaisir et de joie, comme l’indique le quotidien L’Equipe. Le courant passe. Toute la semaine, la rumeur bruissait d’une intensité retrouvée aux entraînements et Fournier l’a confirmé. Le coach a aussi resserré les boulons de son côté. Henri Bédimo en a fais les frais, il est resté à la maison à cause d’un retard à l’entraînement. Rachid Ghezzal, souvent transparent lors de ces entrées en jeu, n’a même pas eu besoin d’un retard quelconque pour se retrouver à organiser une soirée canapé : pas convoqué.

Et sur le terrain de Caen, tout ceci s’est traduit par des faits : les leaders de l’an dernier se sont réveillés, à commencer par Nabil Fékir qui a confirmé sa bonne forme en étincelant la rencontre de son talent, marquant trois buts et créant un danger permanent. Anthony Lopes, en léger mode planage la semaine dernière, s’est montré décisif plusieurs fois face aux attaquants caennais. Corentin Tolisso a retrouvé du volume dans le jeu et la capacité de créer des brèches en orientant deux passes décisives à destination de Fékir, avant de se blesser.

Autant de talents individuels qui ont permis de combler le déficit dans le jeu collectif toujours pas au point. Mais comme l’efficacité, fuyante jusque-là, était au rendez-vous – cinq tirs, quatre buts – Lyon peut voir l’avenir en couleurs.

Sébastien Broquet

4-4-2 en losange

Anthony Lopes (8) : Décisif, vif, un patron qui peut emmener son OL assez loin s’il maintient un niveau pareil face à plus forte opposition. Si Fournier lui dégotte une charnière centrale, aussi.

Jérémy Morel (5) : Est arrivé à l’heure à l’entraînement, a joué. 

Samuel Umtiti (6) : Le mini-boss. Pas encore assez expérimenté pour rassurer les autres, mais en Ligue 1, il tient la baraque tout seul en ce moment.

Mapou Yanga-Mbiwa (3) : OK, il fait une intervention pleine d’autorité en pleine surface. Mais rappelons qu’il a pris un grand pont dans les secondes qui précèdent. Le reste est à l’avenant, et c’est inquiétant juste avant l’arrivée de la Champion’s League. Difficile, l’adaptation.

Rafael (5) : Il commence doucement à faire le boulot derrière ; pas impérial non plus. Et toujours pas renversant dans son couloir offensif, c’est plus surprenant. Remplacé par Christophe Jallet à la 73ème, qui s’est dégourdi les jambes en attendant de retrouver sa place de titulaire contre Lille.

Maxime Gonalons (5) : Un capitaine qui maintient la moyenne mais n’a pas encore retrouvé toute son aura. Ca va venir.

Jordan Ferri (5) : Un fantassin qui n’a pas encore retrouvé toute ses aptitudes, mais se montre plus présent de match en match.

Corentin Tolisso (6) : Lui semblait bien avoir retrouvé tout son allant : deux passes décisives pour Fékir, avant blessure. Remplacé par Arnold Mvuemba à la 70ème, consistant.

Mathieu Valbuena (5) : Pas encore impressionnant dans le jeu, mais empli de promesses pour le futur proche. On sait déjà qu’il ne marche pas sur les pieds de Fékir, et il en a profité pour ouvrir son compteur de passes décisives. Remplacé par Maxwell Cornet à la 81ème, qui lui sera décisif à la fin de l’hiver prochain. Ici, c’est pari. 

Nabil Fékir (9) ballon footballon footballon foot : Grande classe, tout simplement. Un triplé juste avant de partir chasser une place de titulaire en équipe de France. En profite pour garder au chaud la première place du classement des buteurs de Ligue 1 en attendant le retour de son compère Lacazette.

Claudio Beauvue (6) ballon foot : Un but venu d’ailleurs en fin de match, pour soigner et les statistiques, et la confiance. Ouvre aussi des brèches pour ses coéquipiers. Excellent second rôle.

Hubert Fournier (7) : Ghezzal pas convoqué, Bédimo sanctionné, une relation Fékir / Valbuena suivie de près, Jallet relancé, les 10 minutes syndicales pour Cornet : une belle soirée pour affirmer son autorité.

Buteurs

  • Nabil Fékir : 4 buts (+3) / 4 matchs
  • Claudio Beauvue : 2 buts (+1) / 4 matchs

Passeurs

  • Corentin Tolisso : 2 passes (+2) / 4 matchs
  • Mathieu Valbuena : 1 passe (+1) / 3 matchs

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