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George Clinton, pêcheur non repenti

Une grosse prise

Une daurade pour George Clinton (photo © Sébastien Broquet)

Très courte nuit, pour tous. Mais George Clinton au petit matin du vendredi 7 août dernier, après son concert au festival Sakifo, se montre souriant au réveil : il va pouvoir laisser libre cours à sa passion pour la pêche au gros. Je l’ai accompagné, c’était magique.

 (Article paru dans Le Quotidien de La Réunion, le samedi 8 août 2009 et dans Standard Mag n°25, en octobre 2009)

ça mort

Ne pas confondre appât et chevelure (photo © Sébastien Broquet)

« Laisse tomber, c’est un Martien, il vient d’une autre planète. » confie Carlon, l’assistante de George Clinton sur la tournée. Nous sommes à bord du Djiti, direction le large. Nicolas, du Bourbon Fishing Club, prépare les lignes ; son comparse Loïc a pris la barre. Le maître ès groove, lui, reste silencieux et mord avec avidité dans l’un des deux chicken burgers commandés dans un snack du port de Saint-Gilles. Et deux hot dogs, un brownie, un milkshake… George a peu dormi, quatre heures à peine, et il a faim. Ce sera sa seule exigence de la journée. Serein, silencieux, souvent somnolent, l’homme se montre extrêmement simple et agréable. Mais très peu bavard. C’est Carlon qui raconte. « La pêche au gros, la mer c’est son hobby. Il a pêché partout dans le monde déjà. » Clinton confirme : cite les Bahamas, la Floride bien sûr où il réside. Sa plus grosse prise ? Un marlin de 160 kilos.

Et vint la daurade

Retour au port de Saint-Gilles, La Réunion (photo © Sébastien Broquet)

Retour au port de Saint-Gilles, La Réunion
(photo © Sébastien Broquet)

Carlon reprend : « il avait même un bateau, mais l’a vendu récemment. George veut en acheter un plus gros ! » Lequel, enfoncé confortablement dans sa banquette, tête en arrière et bras étendus, les yeux fermés, opine du chef. Un sourire tranche papaye illumine son visage. Là, évidence : il le voit déjà, son nouveau bateau, juste là, sous les paupières closes…
« En fait, la mer, c’est ce qui le détend, le relaxe. » Et Clinton souvent, en tour du monde constant pour donner ses shows grandiloquents, phénoménaux, en profite pour s’offrir ces instants de calme en mer. D’un monde à l’autre.

Et il maîtrise : endormi, il se relève soudain quand une ligne se dévide brutalement : ça mord. Nicolas et Loïc avaient repéré une chasse d’oiseaux quelques instants plus tôt. George se met en place, saisit la canne. C’est une bonite. L’affaire est vite réglée et George retourne s’asseoir, ravi. A peine le temps de savourer la première prise, qu’une deuxième ligne se dévide. C’est Carlon qui s’y colle. Encore une bonite.
« Next one is for you, guys » dit George en nous regardant, avec Nicolas. Deux autres bonites mordent en même temps. Chacun la sienne. Le boss de Funkadelic nous regarde, souriant : aussi heureux de partager son plaisir que s’il avait lui-même la canne entre les mains. Encore plus quand je lui annonce que c’est une première pour moi…

Carlon et les bonites (photo © Sébastien Broquet)

Carlon et les bonites
(photo © Sébastien Broquet)

Quelques tours encore, et cette fois, c’est du lourd. Une daurade coryphène. George s’y colle, manque de se vautrer dans le bateau en glissant sur les marches humides. Se cale dans le fauteuil. Avec l’aide de Nicolas, il remonte doucement la prise. Belle, la prise. George souffre un peu, l’âge se fait sentir. Mais le plaisir est intact. Heureux comme un gamin, il retourne s’asseoir : sa journée semble réussie. Il s’endort, bercé par le ronronnement du moteur et les vagues. Juste réveillé, au retour, quand un banc de dauphins croise le cap du Djiti.
Retour au port. Ravi, l’ex leader de Parliament demande à poser avec ses prises. Remercie tout le monde, en quelques mots, un signe du pouce surtout. Carlon confirme : journée magnifique. Reste à prendre l’avion, une poignée d’heures plus tard, direction Amsterdam. « C’était beaucoup trop court » confie Carlon, conquise par l’île comme son boss, qui confie avoir aimé son séjour par chez nous. Reviens quand tu veux, funky daddy ! On t’aime.

Sébastien Broquet

Live au Sakifo 2009 avec Sir Nose et Jah Pinpin au sax

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