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Blind Test : Meï Teï Shô

Meï Teï Shô

Meï Teï Shô

C’est Boris Kulenovic, le bassiste et co-fondateur du groupe qui se pointe au rendez-vous, en bordure de la piscine de l’hôtel. En mélomane averti, il commande un punch ananas avant de s’asseoir face aux enceintes, confiant. Le lendemain, tout le groupe réuni donnera un concert de feu dans la nuit réunionnaise, réussissant à conquérir le coeur du Sakifo. A revoir !

(Cet article est paru dans Le Quotidien de La Réunion le dimanche 9 août 2009)

Susheela Raman, Holidays

La chanteuse d’origine indienne, reprenant Polnareff en version métissée. Une copine, avec qui il joua, en compagnie du batteur de Meï Teï Shô, Germain Samba.

Boris : (dès la voix) C’est la Susheela. On ne l’avait pas joué cette chanson-là. C’est marrant, le thème des vacances, qui m’évoque la Réunion… et la dernière fois que je suis venu ici c’était avec elle… Sam Mills, son compagnon, me disait que sa voix perd un demi-ton chaque année et comme sa technique vocale prend de l’ampleur dans les graves, c’est un avantage. Ils sont installés à Madras, en Inde, maintenant : retour aux sources, ils bossent avec des musiciens indiens, c’est pourquoi Germain et moi ne tournons plus avec eux actuellement. On a joué avec eux pendant deux ans, par épisodes. Ce sont les seuls qui m’ont fait refaire du piano sur scène… Sam et Susheela, ce sont de vrais personnages, avec du cœur.

Java, Folklore

C’est un peu la même famille, avec cet extrait du dernier album des titis parisiens, magistral.

Boris : (immédiatement illuminé) Une note d’accordéon, et ça le fait. Java. Deux notes, tu sais que ce sont eux ! Deux mots, pareil : à la manière qu’a R-Wan de coller ensemble les jeux de mots, on le reconnaît. Ce dernier album est très très fort. Ils arrivent à être classe et drôle en même temps, ils ont la gnaque. On partage le même management, et quand on passe par Paris on passe par Fixi… Camille, le contrebassiste, a fait un superbe travail de réalisateur sur cet album. En plus, R-Wan, c’est le chanteur préféré de mon fils. Surtout quand il met son costume de Donald.

Firmin Viry, Dansèr maloya

Le grand ancien du maloya. Germain le batteur était au kabar d’ouverture du Sakifo chez Firmin, pas Boris : saura-t-il reconnaître ?

Boris : C’est Danyel ? Alain Péters ? Maloya, c’est sûr. René ? (hyper concentré) Granmoun Lélé ?

Moi : Non. Celui qui enregistra le premier disque de maloya.

Boris : Ah, Firmin Viry ! Sur plusieurs dates de la tournée, en introduction de notre concert, on passe La Complainte à mon défunt papa de Alain Péters. On le fera pas ici, on a hésité mais on a peur que ce soit cliché, que ça fasse facile ou que ce soit mal pris. Mais on le fait d’habitude. Le maloya, c’est une idée de la transe comme dans Meï Teï Shô : il faut que ça tourne, et tourne encore… Ca nous touche énormément. D’ailleurs, pour nous trouver ici, c’est dans la salle verte : un rhum ou deux et c’est parti maloya pour la nuit. Et Karim, notre guitariste, est réunionnais… Une pure rencontre.

John Coltrane, Blue Train

Le jazz… Pour les deux fondateurs du groupe, une influence fondamentale mais aussi, avant tout, une passion de chaque jour et chaque nuit.

Boris : Ah, passage au jazz. Moanin’ ? Ah non, Coltrane, bien sûr ! (claquant des doigts, suivant le beat) mais je retrouve pas le thème, attend… Je l’ai écouté mille fois ce morceau…

Moi : Blue Train.

Boris : Eric Teruel, notre maître en jazz, le clavier, nous a fait beaucoup travailler sur les couleurs pour ce disque. La politique de ce dernier album, c’est la main tendue. Ajouter des mélodies, aller chercher les gens. Il y avait plus la patte jazz avant, sur nos anciens morceaux. Mais on garde l’esprit : on ne peut pas s’empêcher d’inviter notre ami Franck au saxo régulièrement, et là… ça dérive free jazz ! En regardant Anthony Joseph vendredi soir, on s’est dit ça, on aurait dû inviter un sax à la Réunion…

Le Peuple de l’Herbe, Reggaematic

L’un des premiers morceaux du groupe, super efficace. Les potes de Lyon, avec High Tone ou Kaly, la bande de la Croix-Rousse ayant éclot en même temps que Meï Teï Shô.

Boris : Ca attaque dub. Je ne connais pas le début du morceau. (le sample annonçant le Peuple de l’Herbe arrive) Ah ok d’accord ! Le Peuple ; les amis. C’est super inventif ce morceau, ça a bien vieilli, super bien : bon collage. J’adore la basse sexy là, bien dub. Pour moi c’est ça le Peuple : un grand puzzle où tout s’emboîte, cumbia, Brésil, hip hop… Ils nous impressionnent énormément, on est souvent dans leur studio pour répéter. Ils sont sérieux, huit heures de boulot par jour, toujours à l’heure. C’est carré, mais ça reste de la musique. Hyper rigoureux, et en même temps rock&roll en concert. On est toujours en contact avec des gars comme les High Tone, on se capte souvent à Lyon, au calme, pas trop en tournée.

Last Poets, Panther

Les ancêtres du hip hop, du slam, fonkèzers de New-York rendant ici hommage aux Black Panthers sur un divan de percussions.

Boris : (immédiatement) Last Poets. C’est la voix de Souleymane. C’est quand même l’album qui a disparu de chez moi et que j’ai dû racheter ensuite cinq fois… Celui avec Bernard Purdie. C’est vraiment l’idée du slam transe. Depuis le départ de Sir Jean, notre ancien chanteur, on a souvent bossé avec des slammeurs rappeurs, comme l’est aujourd’hui Bruce. Ca fait clairement partie de la nouvelle facette de Meï Teï Shô. Pas de couplets / refrains, mais une histoire avec un début, un milieu et une fin.

Take a Ride, en version live à Paris – 2009

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