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Alex, yab en quête d’absolu

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Tout n’était pas parfait lors du concert d’Alex samedi 8 août à Terre Sainte, dans le cadre du Sakifo mais cet artiste évoluant hors des sentiers apparaît pourtant comme l’un des plus intéressants du festival.

(Cet article a été publié dans Le Quotidien de La Réunion, le dimanche 9 août 2009)

Alex Sorrès

Alex Sorrès

Depuis quelques mois Alex fait le buzz sur l’île. Son nom circule de lèvres en lèvres, autant parmi la jeunesse réunionnaise friande de hip hop que chez les fondus de sons mêlés. Sa prestation la semaine dernière à Terre Sainte, après les passages d’Iza et Gautier, était donc attendue. Elle fut presque à la hauteur. Presque, car il y a chez Alex des défauts. Comme un petit manque de concentration, une peur du vide qui l’empêcherait d’aller au bout de son idée directrice, majeure.

Car Alex visiblement sait à merveille agencer les mots, jonglant de son créole fruité pour en faire de jolies contines qu’il slamme ou chante sur des beats originaux. Car côté rythme, ça pulse : brut comme du hip hop, transe comme un maloya, un brin afro pop parfois, Alex quête là une fusion inédite prenant forme sous nos yeux. Ca marche, le plus souvent. Parfois, ça sonne un peu cheap, ou trop pop. Il manque sans doute une couleur sonore plus massive, au sens jamaïquain du terme.

Faut-il s’en inquiéter ? Assurément, non car si ce concert au Sakifo 2009 n’était pas parfait, il est sûr que cet artiste ne recherche pas la facilité mais l’invention. Et pour trouver, il faut d’abord chercher et tâtonner. Vu l’accueil favorable que le public lui a réservé en plein coucher de soleil, la quête pourrait bientôt aboutir. Et Alex, alors, devenir un artiste majeur de la Réunion. Et d’ailleurs. Son ouverture l’emmène loin, jusqu’en Afrique centrale, où il emprunte un feeling à la Zao, façon Ancien Combattant. La présence en scène de Fabrice Legros, à la guitare, est aussi un signe fort. Ce gars là va faire chavirer bien des oreilles et marquer les mémoires s’il continue sur cette voie.

Sébastien Broquet

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