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Alex Sorres, du hip hop au maloya

Alex Sorres

Alex Sorres

Alex est en concert ce vendredi 27 novembre au 211, à Saint-Leu. Retour sur celui qui remporta cet hiver le prix Alain-Péters au Sakifo, se faisant remarquer par sa verve communicative et son esprit aventureux, mêlant hip hop et maloya.

Le prix Alain-Péters d'Alex

Le prix Alain-Péters d’Alex

Alex est né en 2009. Août 2009. En quelques heures, ce chanteur des hauts de Petite-Île, dans le Sud sauvage de La Réunion, s’est fait un nom d’un prénom courant. Il a irrigué de sa présence irradiante les travées du festival Sakifo, aimantant les conversations et finissant par obtenir sans contestation possible le prix Alain-Péters, récompensant l’artiste local le plus prometteur. Son sens du point d’ironie, son art d’agencer les mots allant au-delà des clichés d’une société îlienne loin d’être idyllique, et évidemment, sa quête d’un ailleurs musical où le rap et le maloya entrent en collision raisonnée ont suffit à transcender les débats et marquer les esprits. Car Alex, c’est un personnage. Conscient, attachant, drôle et affûté.

« Entre 6 et 14 ans, je faisais les radio crochets, ça m’a appris à vaincre le stress face à la foule. J’écoutais de la variété française, du séga et de la black music à la Mickaël Jackson… J’ai arrêté en 1991 quand j’ai découvert le hip hop. » Pas issu d’une famille de musiciens, il plonge pourtant direct dans le son : décortiquant tous les morceaux, s’attachant aux arrangements… « Sauf la batterie ! »

Et donc, à 14 ans, le hip hop. « Toute la culture : le rap, mais aussi le graff et la danse… Quand j’arrête les radio crochets, je monte des petits groupes. » Le rappeur écoute tous les classiques de l’époque : Wu-Tang Clan, Public Enemy, Assassin, IAM, la compilation Rapattitudes… Busta Rhymes, aussi : « J’aime bien son côté chanteur. » Capital pour la suite… FFF fût aussi une grosse influence, et bientôt vinrent The Roots. Côté Réunion : « Le maloya m’a pris les tripes en 1994, l’année de mon service militaire via Danyel Waro, Ti Fock, Granmoun Lélé puis toute la vague seggae, Baster et Ziskakan aussi bien sûr… »

Achat du premier clavier, et en 2000 première rupture, avant l’aventure collective du Mouvman La Kour, MLK, qui va marquer l’île. Plusieurs festivals dans l’océan Indien, une date à Marseille avec le Massilia Sound-System, un maxi avec Thierry Gauliris (Baster), des compilations… Jusqu’en 2005, et une nouvelle remise en question.

Alex s’enferme alors à la maison. Home studio. Fabrice Legros, DJ Lokal et d’autres amis passent par là et posent quelques notes, percussions, scratches sur un premier album solo qui passe quasi inaperçu lors de sa sortie en 2006 : Piton Mi Lé. Un disque qui ressurgit en pleine lumière cette année. « Prendre le rap pour décrire ce qu’il y a autour de moi, ou évoquer un sujet international sous l’œil d’un îlien… Je ne cherche pas la belle écriture, juste que mon histoire veuille dire quelque chose. Essayer de bien dire les choses. Chanter en créole, aussi. »

Ce sont les tontons locaux, les Thierry Gauliris et Gilbert Pounia qui l’ont vraiment poussé au chant, à ne pas se limiter au rap, à force de l’encourager, de le pousser. Son acolyte, le guitariste Fabrice Legros, a œuvré aussi. « Ce chant en créole sur du hip hop a été bien accueilli par les tontons. J’ai aussi fait un rap sur un instrumental de maloya électrique, signé Baster. » L’album, en rien démodé, ressort en cet été austral, via l’aide de Sakifo qui a signé la révélation en édition et l’épaule désormais pour la suite d’un parcours s’annonçant riche en émotions. Car Alex continue de chercher, gratter. « En concert je suis passé d’une bande son, à une formule acoustique. » Mêler maloya et rap, chant et percussions, placer une touche de reggae, tester une fusion inédite. C’est la quête d’Alex, proche d’aboutir.

Sébastien Broquet

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