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Le cinq majeur du 78 RPM Selector

78RPM

Rétro playlist (photo © Zoé Forget)

Voici le cinq majeur du 78 RPM Selector, petit bonus à l’interview parue dans Trax Magazine à lire ici et à l’interview pour l’émission Opikopi, visible ici. « Les disques changent tout le temps, car ils ont une durée de vie aléatoire. Mais on garde l’énergie d’un artiste en piochant dans son univers et dans les meilleures périodes de sa carrière. »

Fats Waller

« Fats Waller défiait régulièrement ses concurrents dans les rent parties, réunions dans un appartement où – contre une contribution financière qui servait au locataire à s’acquitter de son loyer – on offrait boisson, buffet et joutes nocturnes musicales entre les grands du piano stride ou boogie. Imaginez l’ambiance surchauffée de ces fêtes (très populaires dans les années 20) qui préfigurent l’esprit des clashs qu’on verra renaître dans les sound systems jamaïcains puis dans les blocks parties 80’s à New York ! Un esprit 100% urbain dont nous nous délectons de transposer le fond et la forme sur scène. »

Jelly Roll Morton

« Formidable compositeur pianistique, c’est Jelly Roll Morton qui inventa le rôle d’arrangeur musical. Initiateur des befores et des afters, il était capable de jouer 20h d’affilée sans respirer – ou presque ! Son amour de la musique n’avait d’égal que sa rage de jouer. Une énergie quasi punk dans un monde Blanc qui lui refusait tout. On adore ! »

Boswell Sisters

« Des années 30 à l’après-guerre, quand le monde entier vibre sous l’impulsion des nouvelles musiques Noires américaines, le mot swing désigne très largement le sens de la pulsation, cette vibe présente chez les précurseurs du blues et que les musiciens Noirs introduisirent dans la musique occidentale. Un art de la mise en place et du sous-entendu qui permet aux jazzmen de flotter au-dessus des valeurs écrites sans jamais se perdre. Cette faculté de faire vivre la battue du tempo sans altérer sa régularité, de le rendre même d’autant plus léger, stimulant et efficace, qu’il est inexorable. »

Duke Ellington

« Formé à l’école des pianistes stride de Harlem, l’ami Duke va créer avec son orchestre et dès 1923, un des plus grands laboratoires musicaux de son temps. Il a posé des bases musicales totalement avant-gardistes, écrit des chefs d’œuvres empreints d’une marque de fabrique éternelle : une ingéniosité exceptionnelle dans le mariage des timbres, l’alliage des couleurs sonores inédites et une écriture souple s’adaptant aux interprètes choisis. Son emploi des sourdines était éblouissant. Un plaisir pour nous de les reprendre sur scène, et d’y poser une couleur profondément moderne. On a fait tourner les tables pour savoir s’il apprécie !»

Joséphine Baker

« Comment ne  pas se sentir proche de cette Dame ? Quand elle comptait déjà de multiples consoeurs étasuniennes, elle semblait si différente et excentrique pour le petit parterre parisien de l’époque, si follement amateur de Music Hall ! L’aisance de Baker sur scène confine à une liberté qu’on cherche aujourd’hui à faire nôtre. Elle l’a fait, pourrait-on dire, quand les autres n’ont pas pu ou osé traverser la mer…»

Propos recueillis par Sébastien Broquet

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